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« On a calculé, écrit le Père Hugo, qu’il faudrait huit cent ans à un homme qui lirait quatorze heures par jour pour lire seulement les ouvrages écrits sur l’histoire qui se trouvent à la Bibliothèque Royale… » Il ne se passe pas de jour que cette phrase ne me revienne à la racine du nez, là où niche la moelle même de la réflexion. Huit cents ans, et rien que l’histoire ! Et du temps que la Nationale s’appelait encore la Royale ! Quand on pense aux tombereaux d’histoire qui ont été déchargés rue des Petits-Champs depuis l’encre sidérée de cette phrase ! Aux Mémoires, aux journaux, aux confidences ! Huit cent ans… J’entre alors en transe. Tout le feu divin de l’homme et les sonneries secrètes qu’il entretient avec le Paradis jaillissent hors de ma sensibilité indignée. Ainsi je ne suis que la lettre F dans l’alphabet des Mondes ? Je ne suis qu’un trou d’aiguille dans l’entrepôt des Encyclopédies ? Malheur ! »  

Léon-Paul Fargue
Haute Solitude

Claude Levi-Strauss est un auteur plus radical qu’on veut bien le dire. Embaumé par la pensée officielle, l’anthropologue a pourtant signé des lignes controversées (et j’utilise cet adjectif miné dans son sens premier, que je veux positif : qui incite à la controverse, qui suscite les débats) notamment sur l’Islam (à la fin de Tristes Tropiques). Cette prise de position à contre-pied sur l’écriture, dans le même ouvrage, me plaît : « Il faut admettre que la fonction primaire de la communication écrite est de faciliter l’asservissement. L’emploi de l’écriture à des fins désintéressées, en vue de tirer des satisfactions intellectuelles et esthétiques, est un résultat secondaire. (…) La lutte contre l’analphabétisme se confond ainsi avec le renforcement du contrôle des citoyens par le Pouvoir : car il faut que tous sachent lire pour que ce dernier puisse dire : nul n’est censé ignorer la loi ».

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