La rentrée « litterreur »


J’ai rencontré Nicolas Jeanneau par hasard. Il lit ce que je ne lis pas, ça rapproche. J’étais en train d’écrire un article sur la rentrée littéraire, et il m’a livré sa propre version, armes à la main.

Rentrée Littéraire. Habituel dégueulis de septembre.

Forêts dévastées. Combustible à autodafé. Promesses de daubes. Le mur de papelard et le marteau pilon.

Plus de caractères d’imprimerie. Plus de caractère tout court. Quant au style.

L’ère mollassonne. Le kolkhoze fleuri. Littérature : (deux points) zéro.

Nouvelle tendance : s’emparer du réel, de l’Actualité. Petits propagandistes pourris. « Le vrai n’est qu’un instant du faux », clamait Debord. Aucune chance de voir la moindre lueur de vérité percer.

Leurs « oeuvres » sans style. Pas même besoin qu’ils aillent se rhabiller, drapés qu’ils sont dans leur dignité. Le pantalon aux chevilles ne se remonte plus.

Singeant la morale avec leurs doigts merdeux, comme disait Aragon, qui parlait d’expérience.

Pas de nerf, pas de tripe, pas de sang, pas de chique. Le mollard : dans leur gueule.

Rentrée littéraire. Journées de septembre. Terreur. Guerre du Vendez.

Instaurer un état d’urgence dans les Lettres modernes.

Ne lire que les livres de mes amis. Car ils sont sans prétention. C’est déjà ça.

Révolution buissonnière. Adios. Sans moi.

“I would prefer not to”.

Rentrée litterreur. Des têtes doivent tomber.

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