Les personnages de roman, ce sont…

Les personnages de roman, ce sont…


… des poupées vaudou, des idées vagues, des tentatives de ressemblance, des interrogations bavardes, des morceaux de soi(e) à travers lesquels la lumière passe, des antidotes à l’excitation ambiguë de la réalité, des fumigènes irritant les muqueuses, le retour des enfants prodigues aux pieds sales – et agenouillés chez Rembrandt -, des lettres d’amour, des confessions boiteuses, des rivières qu’on traverse de son plein gué, l’utérus et le temps, la meilleure des cachettes, des réflexes antédiluviens auscultés, de la vapeur compressée et relâchée, les rebonds incessants de cette putain de balle contre le mur – elle ne peut pas s’empêcher de revenir me manger dans la main -, une autorisation d’exploitation en sous-sol minier, des questions lâchées en liberté n’intéressant qu’un nombre limité de personnes – nommés lecteurs -, un clocher noir sur une ligne d’horizon en blé, le moment où les paupières se déroulent pour la séance de cinéma intérieur et écarlate, des femmes toujours des femmes – même les hommes sont des femmes car les femmes interprètent l’humanité -, ce sont des poignées de poussière dispersées, des silhouettes, des gardes-à-vue, un état d’urgence, des décors, des amphores bouchées, une machine à prédire la position des étoiles, des épaves aux grandeurs torpillées par les mots, des querelles de bas-étage, des coupes de cheveux, des antithèses, de l’antimatière, l’empreinte du visage de Jésus creusé dans la pierre de la Sagrada Familia, des annonces incompréhensibles au haut-parleur, des volontés faussées dès le départ, une pêche miraculeuse, une entreprise de séduction, des détournements de fonds sans violence, des piratages sans intention de nuire, ni intention de ruine.

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