Rembrandt : minuscule et grandiose

Rembrandt : minuscule et grandiose


Rembrandt est à Grenoble. Incroyable nouvelle ! 68 de ses eaux-fortes sont désormais dans le fonds Glénat et exposées dans le beau bâtiment de l’éditeur. Plaisir merveilleux de suivre l’écheveau de ses traits fins, une loupe à la main, dessinant les contours d’un visage, d’un corps de femme dans la pénombre, d’un Christ prêchant ou d’un enfant mendiant. J’ai toujours préféré les eaux-fortes du Hollandais à ses peintures à l’huile. Le clair-obscur de Rembrandt est magnifié par le noir et blanc et c’est merveilleux de voir comment il fait naitre la lumière du coeur de l’obscurité. Ses dessins, réalisés à la pointe fine comme un cheveu sur de tous petits formats, nous livre, intacts, des émotions vieilles de près de 400 ans, fraîches, brut de capteur, vibrantes. On a oublié la nouveauté de son regard, à l’époque, mais ce qui dure et nous frappe avec une égale force est la vibration des émotions presque palpable à la surface du papier. Ces visages surgissent littéralement ! L’histoire complexe des rides d’un vieil homme, l’intensité d’un regard de gentilhomme (Rembrandt lui-même), un visage de femme plongé dans la lecture et éclairé par les pages. La loupe, qu’on tend vers ces miniatures, devient une machine à voyager dans le temps… un temps aboli par la justesse des émotions qui ressemblent tant aux nôtres. Après quelques minutes, c’est Rembrandt, étonné, et ses modèles si vivants, qui nous regardent à travers le verre grossissant.

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